1. La masse
1.
On a cru constater que le neutrino qui est une particule
de matière a une masse nulle. Ce n’était pas exact car le changement de nature
subi par le neutrino au cours de son voyage vers la terre depuis le soleil ne
peut s’expliquer sans qu’on admette une masse pour le neutrino.
On ne connaît pas de particules
ayant une masse nulle.
Le poids d’un corps est le produit de sa masse par l’accélération de la pesanteur : P = m.a ou, sur la Terre P = m.g. Cette accélération (a) s’explique par le fait que chaque atome qui compose un corps est attiré par l’ensemble des atomes du corps sur lequel il se trouve. Il y a moins d’atomes dans la lune que sur la Terre donc un corps pèse moins sur la lune que sur la Terre (subit une accélération moindre que …)
La masse grave qui est ce
par quoi un corps est soumis à la gravitation. Ex : P = m.g
La masse inertielle qui
mesure la résistance à la modification du mouvement d’un corps (interruption ou
création du mouvement). Ex : F = m.a
Newton remarque que ces deux
masses sont égales. C’est ce qui fait que le mouvement d’un corps dans
un champ de gravitation est indépendant de sa masse (ex : tous les corps
tombent à la même vitesse dans le vide ; la Terre mais aussi bien une
boule de pétanque ou un grain de sable décrivent la même orbite autour du
soleil).
Einstein va plus loin et postule que ce n’est pas une égalité, mais une identité. D’où va découler la Relativité générale.
La masse devient relative à la
vitesse dans son rapport à c (vitesse de la lumière). Plus la vitesse augmente
(plus l’énergie cinétique augmente), plus l’inertie augmente si bien qu’un
corps ayant une masse ne peut dépasser ni même atteindre c. ( m = m0
/ racine (1 – v²/c² )
La force électromagnétique, par exemple, qui s’exerce
entre deux particules ne cesse de s’exercer même si ces particules s’éloignent
l’une de l’autre à l’infini (en diminuant d’intensité avec la distance). Elle
est donc de très longue portée. La particule capable de permettre cette
interaction ne peut avoir qu’une masse nulle : le photon. Cela veut dire
que deux électrons qui se repoussent échangent simplement des photons.
Conséquence : le photon, lui, ne subit pas la force qu’il engendre.
La force d’interaction faible
(responsable de la radioactivité Beta) est, à l’inverse, une force considérable mais de très courte portée. La
particule capable de permettre cette interaction doit donc être de très grande
masse. Ce sont les bosons intermédiaires (W+, W-, Z0). Ces
particules subissent les forces qu’elles engendrent.
La force d’interaction forte
(dans les particules du noyau, entre les quarks). C’est une interaction de
portée infinie donc permise par des particules de masse nulle : les
gluons. Toutefois, la portée effective de l’interaction est très petite
(les quarks ne pouvant exister tout seuls).
Ceci est le modèle standard
qui rend compte de toutes observations.
2.
Le modèle standard porte qu’en
fait toutes particules qui permettent les interactions devraient avoir une
masse nulle. Et par extension que toutes les particules devraient avoir une
masse nulle. Alors que les mesures dans l’interaction faible montrent le
contraire !
En 1964 Higgs et quelques autres
posent que la masse n’est pas une propriété des particules élémentaires.
Elles n’ont pas de masse par elles-mêmes. Elles en acquièrent une par leur
interaction avec le vide.
Donc le vide n’est pas vide. Il
est un champ de Higgs (du moins 10-10s après le big-bang).
L’interaction de ces particules avec le champ leur donne de l’inertie (c’est le
cas des bosons W+, W- et Z0). Celles qui n’interagissent pas vont à la vitesse de la lumière et
n’ont pas d’inertie. Leur masse est nulle (photon, gluon). La masse n’est pas une propriété
intrinsèque des particules élémentaires (fermions et bosons) mais la
mesure de leur interaction avec le champ de Higgs. Le champ de Higgs est
scalaire, il a un spin nul. Il est homogène, partout présent dans l’espace.
A l’origine, avant le refroidissement de l’univers, le
champ de Higgs n’existe pas. Ainsi, à haute énergie, la symétrie de jauge qui
requiert que les transmetteurs soient de masse nulle, ex ; les photons)
est préservée. Aucune particule n’a de masse. Il se met en place lors de ce refroidissement
et c’est là que certaines particules acquièrent une masse.
Les bosons de Higgs sont des
particules massives et sont les quanta du champ de Higgs.
Quand ce boson est introduit dans
le modèle standard (en 1971) il devient possible de prédire les masses des
bosons intermédiaires responsables de l’interaction faible.
C’est en juillet 2012 qu’on produit le boson, de
Higgs et qu’on calcule sa masse.(125-126 GeV soit 125-126 gigaélectronvolts, c'est-à-dire 125-126 milliards d’électronvolts).
Dans l’accélérateur les protons
qui entrent en collision déposent leur énergie dans un petit morceau de vide,
cette énergie est absorbée par les particules virtuelles qui résident dans le
vide, du coup elles deviennent réelles, sortent du vide. Deux gluons fusionnent
donnant un quark top et un antiquark top dont la fusion donne un boson de
Higgs qui se désintègre en photons ou en leptons.
3.
Les protons et les neutrons ne sont pas des particules
élémentaires (ils sont constitués de quarks). De 3 quarks exactement u,u,d pour
le proton et u,d,d pour le neutron (u = up et d= down).
La masse du proton est mesurée à
938 MeV (mégaélectronvolt). Or celle des quark u est de 3 MeV et celle
des quarks d de 6 MeV. Par addition de ces masses issues de
l’interaction avec un champ de Higgs, on obtient pour le proton une masse de 3
+ 3 + 6 = 12 MeV, loin des 938 MeV : seulement 1% !
La masse totale du proton vient
des interactions (fortes) que les quarks ont entre eux. Plus exactement, elle
provient des gluons qui permettent cette interaction forte.
Dans l’atome, la masse vient essentiellement du noyau (protons, neutrons) et donc principalement des gluons. Ce sont donc d’autres bosons que ceux de Higgs qui expliquent la masse des objets qui nous entourent. La masse d’un corps n’est pas égale à l’addition des masses des particules qui le constituent mais à cette addition plus celle des interactions entre ces particules (c’est-à-dire : plus l’énergie mise en jeu qui, selon la relation masse-énergie, est une masse effective.
1.
Les particules élémentaires sont les leptons et les quarks.
L’étude de ces particules, inférieures au diamètre du
proton, donc inférieures à 1 Fermi, nécessite de travailler sur de très petites
longueurs d’onde qui correspondent à des niveaux de haute énergie.
La relation entre la masse, l’impulsion et l’énergie est donnée par : E² = m² + P²
La vitesse d’une particule est donnée par : v = P / E
Cas particuliers :
* masse non nulle (les fermions)
- v = 0 è m = E0 La
masse est donc une quantité d’énergie contenue dans une particule au
repos.
- v n’est pas nulle è E - E0 = l’énergie cinétique.
- v approche c è
E tend vers P
* masse nulle (les photons, p ex) è v = c
Ceci est encore vrai à l’échelle de l’atome. Et même à
celle du noyau.
En revanche, le proton (masse 938 MeV) est constitué de particules (gluons de masse nulle et 2 quarks u de masse 3 MeV pour chacun d'eux et d'un quark d de masse 6 MeV) dont l’addition des masses (12 MeV) est très loin de faire ce total. La masse du proton est donc essentiellement faite de l’énergie échangée par les gluons entre les quarks.
2.
Les constituants élémentaires de la matière sont les
Fermions (de spin ½) qui obéissent au principe de Pauli. Ces Fermions sont
des Leptons (électron, muon et tau auxquels sont associés trois neutrinos :
ne, nm,
nt). Ce sont des particules libres. Et les quarks.
Ce sont en deuxième lieu les Bosons (de spin 1) qui
n’obéissent pas au principe de Pauli et qui sont au contraire grégaires. Ils
sont les véhicules des interactions électromagnétique (le photon de masse
nulle), faibles (les bosons w+, w- de masse = 80 GeV et Z0 de
masse 91 GeV) et fortes (les gluons, de masse nulle)
3.
Dans les interactions (des 3 types) il faut un
« vecteur » qui porte la charge d’une particule à l’autre :
Interaction électromagnétique : Les fermions
interagissent en échangeant un boson. Deux électrons, par ex,
interagissent en échangeant un photon. Le photon n’est pas chargé
électriquement. Il sert une interaction mais il n’interagit pas lui-même avec
d’autres photons. Il ne porte donc pas la charge électrique dans l’interaction
qu’il favorise. Sa portée est infinie puisqu’il est de masse nulle.
Interaction forte : Les quarks interagissent
(et leur interaction les fait changer de « couleur) en échangeant un gluon.
Comme le gluon porte une charge, les gluons peuvent interagir entre eux, à la
différence des photons. Ils le font même constamment et c’est ce qui empêche la
désintégration du noyau fait de protons dont les charges sont toutes positives
et se repoussent. Toutefois, ils ont comme le photon une masse nulle.
Interaction électrofaible : les interactions
sont portées par les bosons w+,w- et z0. Ces bosons ont une masse.
C’est eux (ainsi que les quarks) qui sont concernés par le champ de Higgs. Leur
masse inertielle est fonction du degré d’interaction avec le champ de Higgs.
4.
Le modèle standard est un ensemble d’équations qui
demeurent les mêmes appliquées à l’échange de particules différentes.
Ce modèle implique que tous les bosons soient de masse
nulle. Or ce n’est pas de cas du Z ou de W. C’est le mécanisme de Higgs qui
doit résoudre ce problème.
Il est un peu analogue à ce qui se passe dans la supraconductivité.
Un supraconducteur refuse à un champ magnétique son accès. Tout de se passe
donc comme si le photon avait une masse et ne pouvait plus traverser le
supraconducteur.
Dans le champ de Higgs, les particules (w et z ) acquièrent une masse. m = ½.g..v (où v est la valeur attendue dans le champ de Higgs (environ 250 GeV) et g la charge faible de la particule). ). Le photon, lui, n’interagit pas avec le champ de Higgs et ne devient pas massif.
5.
Le vide n’est pas vide, il se comporte comme un
supraconducteur vis à vis d’un champ magnétique. Il s’oppose à la propagation
des champs de l’interaction faible en dotant les bosons responsables de
l’interaction, d’une masse.
Cela est vrai en dessous d’une température égale à 10^15°k
3. Masse et énergie : E = mc² (E² = m²c² + p²c² où p est l’impulsion)
Einstein découvre qu’un corps qui émet un rayonnement quel
qu’il soit (lumière, chaleur, etc.) perd de sa masse. C’est que la masse est
équivalente à l’énergie : E = mc² . Bien qu’un métal chauffé émette
de la lumière qui n’a pas de masse, ce métal perd de la masse (parce que
la lumière est de l’énergie et l’énergie une autre forme de la masse).
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